Comment s’occuper d’enfants des rues au Cameroun? Depuis une trentaine d’années, la Congrégation Marie Reine des Apôtres agit quotidiennement auprès des enfants. Cette association religieuse créée dans un esprit de simplicité propre à l’ensemble de la communauté et au diocèse, met en pratique la parole christique “Laissez venir à moi les petits enfants”.

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“Donner un souffle de vie aux enfants abandonnés”, répond du tac au tac lSoeur Odette lorsqu’il s’agit de présenter sa communauté religieuse fondée au Cameroun. Le regard pétillant, la jeune religieuse en études de sciences sociales à Rome poursuit : les religieuses ont pour misssion de “s’engager dans l’éducation” auprès de ces jeunes qui errent dans les rues de leur ville de Yagoua, située au nord-est du pays. 

Cette association diocésaine née en 1991 répond à un immense“besoin”, raconte pour Aleteia Mgr Antoine Ntalou, archevêque émérite de Garoua au Cameroun. La congrégation a vu le jour le 1er octobre 1991, quelques mois après une rencontre entre plusieurs jeunes femmes camerounaises et Mgr Ntalou, lors d’une journée vocationnelle organisée par le diocèse. Témoin du profond désir de ces dames à former une communauté à leur ressemblance ainsi que du souci qu’elles se faisaient pour ces jeunes enfants, l’évêque émérite de Garoua n’a pas hésité une seconde. Quand il leur a demandé quelle mission serait au centre de leur vie religieuse, “la réponse des jeunes filles n’a pas tardé”, raconte Soeur Odette dans un rire franc : “les jeunes de chez nous sont abandonnés et méprisés, nous voulons donc consacrer notre vie pour eux”.

Les instruire, les soigner, les divertir, prier avec eux, partager le repas avec eux, mettre en place une pastorale : en bref, transmettre à ces nouvelles générations la joie que les sœurs de la congrégation portent sur leur visage. Il leur importe vraiment de “représenter le Christ présent en chaque enfant”, explique Soeur Odette. 

Leur charisme : méditer la parole du Christ

Mgr Ntalou, conscient de la nécessité de créer une association diocésaine qui serait à temps plein auprès de ces enfants, a rapidement donné son feu vert face à ce groupe féminin déterminé et volontaire. Le charisme des soeurs se résume en une seule phrase, explique Soeur Odette : exprimer “l’amour du cœur du Christ pour les jeunes”.

Toutes ont le souci du plus pauvre, du nécessiteux. Cette création religieuse a été l’occasion de “méditer la parole du Christ : laissez venir à moi les petits enfants”, souligne le prélat camerounais. Celui-ci avoue avoir en quelque sorte vécu un “déclic” lors de la rencontre avec ces jeunes femmes. 

“Une joie qui bouillonnait en moi”

Les religieuses puisent leur espérance et leur charité auprès du Christ qui s’est donné aux plus petits. Recevant du Seigneur une force à faire déplacer les montagnes, les membres de l’association diocésaine peuvent ensuite partir à la rencontre de ces enfants abandonnés Camerounais pour leur transmettre ce qu’elles ressentent : une joie sans faille. 

En effet, lors de sa rencontre avec l’ensemble des religieuses, Soeur Odette s’est étonnée de leur accueil si chaleureux et s’est rapidement “sentie en famille”. Également touchée par la beauté de leur chapelle, l’étudiante du Cameroun a ressenti une “joie qui bouillonnait” en elle et ainsi, la certitude d’être à sa juste place. Ce désir enfoui en elle, a tout à coup ressurgi en 2008, lorsqu’elle a fait sa première profession. 

Trente ans plus tard, l’association diocésaine Marie Reine des Apôtres compte une vingtaine de membres et est présente dans plusieurs diocèses camerounais. 

par Birbek Plaisil, Samuel Foka, Anne-Quitterie Jozeau
Facultà di Scienze sociali, Pontificia Università Gregoriana

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